Trois yeux sur l'écran
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Coffee Crisis

Frappé ou allongé
GamingCritiques
Score 61 %

Le rétrogaming a encore de belles heures devant lui, en témoigne la multiplication des nouvelles productions pixelisées proposées sur toutes les consoles de jeux de la génération actuelle. Du rogue-like (Crypt of the Necromancer) au survival horror (Claire) tous les genres ont eu droit à leur version 16 bit plus ou moins dégueulasse, surfant sur la nostalgie des bonnes vieilles consoles SEGA ou Nintendo. Le beat’em all, genre phare du début des années 90, n’a évidemment pas échappé au filon.

coffee crisis

Dans Coffee Crisis, vous incarnez deux serveurs de Blackforge Coffehouse, un coffee shop de Pittsburgh en Pennsylvanie. Nick et Ashley, vont être confrontés à une invasion extraterrestre. Les Smurglians déboulent sur Terre avec la ferme intention de s'emparer de nos biens les plus précieux : la musique Métal, le café, les vidéos de chats mignons et tout le wifi. Ils n'hésiteront pas à prendre possession des corps humains qui leur tomberont sous la main. Pour ce qui est des références, Coffee Crisis vise un spectre assez large. Le pitch renvoie à Bart vs Space Mutants (qui renvoyait déjà à They Live !), prétexte à dérouler un beat’em all linéaire empruntant aussi bien à Streets of Rage qu’à Double Dragon ou encore à Golden Axe (avec la fameuse bestiole à tabasser pour récupérer des bonus).

Au niveau technique c’est un peu plus pêchu et moins rigide que les jeux sus-cités (encore heureux !) mais la panoplie de coups reste tout aussi limitée (attaque, attaque sautée, coup spécial, jeté). On aurait apprécié davantage de possibilités pour éviter le jump/attack/jump/attack....Et ce ne sont pas les 4 types d'armes glanées de-ci de-là qui changent quelque chose au côté répétitif des actions. La touche d’humour est bienvenue - on se retrouve très vite à bastonner des mamies en déambulateur bien vicieuses (non ce n’est pas un titre Dorcel) – mais les niveaux bonus consistant à appuyer frénétiquement sur un bouton pour faire monter une jauge et gagner une extra life ne sont marrants que la première fois.

coffee

Le level design est correct mais assez fainéant. On est très loin de l’ambiance sublime d’un Final Fight. Alors certes, on ne va pas comparer Mega Cat Studio à Capcom, ni même à Sega, mais sans vouloir manquer de respect aux Pittsbourgeois (Pittsburgh, la ville natale des développeurs est l’inspiration principale pour les décors) la succession de façades moches et d’entrepôts dupliquées à l’infini n’aide pas à extraire une identité visuelle mémorable…. Étrangement le jeu est beaucoup moins punitif que ses ancêtres (en mode normal) et même les boss globalement peu inspirés ne posent pas de problèmes insurmontables. Quelques séquences avec de grosses densités d’ennemis sont parfois assez illisibles, faute à une animation « cylindre de lumière » lorsqu’un ennemi est vaincu. Le point le plus positif du jeu réside finalement dans la bande son métal assez originale. Les riffs de guitares saturées sont une bonne alternative aux classiques beats qui ont participé à la légende de Streets of Rage.

mars

Vous l’aurez compris, rien de révolutionnaire dans Coffee Crisis. Non pas qu’une révolution était attendue, mais un lifting plus rythmé des titres de l’âge d’or du beat’em all aurait été le minimum syndical pour dépasser le simple hommage. Ici, on se dit au final que l’on ferait mieux de rallumer notre vieille Megadrive (ou lancer un émulateur) et rejouer aux classiques. Il faut compter une grosse heure pour finir le jeu. Un peu plus pour récupérer tous les trophées. Le potentiel de retry est franchement assez limité une fois le shot de nostalgie retombé mais un mode Death Metal et surtout le jeu en coop peut faire illusion quelques heures de plus.

Coffee Crisis est disponible en version finale sur PC depuis le 3 mai 2018 et en version cartouche Megadrive depuis 2016

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